daniel bordur - journaliste

Reconquérir le Dessoubre

Les objectifs de Natura 2000 sur 16.271 hectares entre Pierrefontaine-les-Varans et la Suisse doivent être validés le 29 avril 2009 à Rosureux.


La France peut remercier le Dessoubre ! En 2005, notre pays était en effet menacé d’une amende par l’Union européenne s’il ne se conformait pas aux directives « habitats » et « oiseaux » qui sont les socles du réseau Natura 2000. D’où, en 2006, une vague d’arrêtés préfectoraux définissant les périmètres de nouveaux sites intégrant un réseau de 26.304 sites remarquables sur le continent.

La vallée du Dessoubre en fait désormais partie, grâce à la richesse de sa faune et de sa flore. Mais il convient de sauvegarder ces chefs-d’œuvre naturels en péril. La mécanisation de l’agriculture et des travaux forestiers ont conduit à la fermeture de prairies de fonds de vallée et de prébois de moins en moins pâturés. La fertilisation excessive, les fauches précoces, la disparition de haies ont réduit la biodiversité. Quant à la qualité de l’eau, cela fait belle lurette qu’elle est atteinte par les rejets industriels (des métaux lourds ont été décelés), domestiques (l’épuration traîne) et agricoles (le fameux lisier).

Encourager la gestion extensive

Le constat n’était pas nouveau. Les études conduites depuis 3 ans l’ont confirmé. Elles permettent de se donner des objectifs à atteindre, base de contrats passés avec les professionnels : c’est l’intérêt du dispositif Natura 2000 qui requiert le volontariat.

Ce 29 avril 2009 à Rosureux, un comité de pilotage d’élus, de scientifiques et de représentants de la société civile locale, présidé par le conseiller général Daniel Leroux, devait valider le document d’objectifs de 150 pages qui recense les actions envisagées (1). Par exemple un concours de prairies fleuries, comme dans le Haut-Jura où l’on récompense « la technicité de l’agriculteur », explique l’ingénieur écologue Aurélien Hagimont, chargé de mission Natura 2000 sur le Dessoubre.

Corridors écologiques

Ces contrats supposent des incitations financières et sont de cinq ans. Ils peuvent aller jusqu’à 30 ans en matière sylvicole, afin par exemple de « garder des arbres morts pour les oiseaux nicheurs » ou remettre des feuillus dans les forêts excessivement enrésinées. Globalement, il s’agira d’encourager les « bonnes pratiques », notamment la « gestion extensive » des prairies, le maintien de « corridors écologiques », la préservation des pelouses sèches comme des zones humides.

Le site complet intègre les vallées du Dessoubre et de la Rêverotte, mais aussi la vallée du Doubs, en amont de Saint-Hippolyte jusqu’à la frontière suisse. Sa superficie de 16.271 hectares ne recouvre pas, loin s’en faut, la totalité du bassin-versant du Dessoubre, et encore moins son bassin hydrologique. Autrement dit, le dispositif ne suffira pas à assurer la qualité de l’eau. Celle-ci dépend d’autres pratiques, voire de mesures, comme la modernisation des bâtiments d’élevage conduite par la chambre d’agriculture et le Conseil général qui finance également la lutte contre les plantes invasives.

Daniel BORDUR

(1) Voir sur le site www.franche-comte.ecologie.g...

ER 29.04.2009

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