daniel bordur - journaliste

Les multiples usages de la forêt

Quand les coupes de bois coupent aussi le GR 590... Des mésaventures qui arrivent aux promeneurs ou aux randonneurs.


Entre l’étroit passage de la Falce, taillé jadis dans la roche, et le belvédère surplombant le confluent de la Brême et de la Loue, le GR 590 est impraticable. Traversant la forêt communale de Chassagne-Saint- Denis, le sentier est encombré de houppiers et de chablis de feuillus. Pour ne pas perdre le fil de son itinéraire, le randonneur à intérêt à connaître les lieux, ou savoir s’orienter à la boussole.

Aux dires d’un forestier de l’ONF et du maire de Chassagne-Saint-Denis, Félix Chopard, les affouagistes ont eu la main un peu leste. Cette situation qu’on rencontre aussi dans d’autres forêts fait réagir le maire : « C’est compliqué à attribuer, il ne vont pas être dégagés avant plusieurs semaines ». Le technicien va tenter de faire accélérer le retrait des bois afin de libérer le passage plus vite.

Chemins défoncés

A une centaine de mètres, au bord du chemin allant du village au belvédère, des billes de bois façonné attendent d’être enlevées. Parmi elles, des troncs avec des traces de balisage jaune et bleu indiquant que l’on est sur un sentier de pays. « On sera peut-être amené à mettre des poteaux plutôt qu’un coup de peinture sur les arbres », dit Denis Mathez. Président de l’association Randonnée au pays de Courbet, il balise une centaine de kilomètres de sentiers, dont le GR 590.

En d’autres circonstances, d’autres forêts, il arrive que des engins de débardage défoncent les chemins. Ils ont de telles roues, une telle puissance, que des ornières atteignent un mètre de profondeur quand le sol est humide. « Théoriquement, les forestiers doivent remettre les chemins en état, mais les maires hésitent à râler car ils doivent vendre leurs bois », explique Denis Mathez.

Les promeneurs, à pied ou en vélo, ont tous rencontré ce genre de petits désagréments. Parfois, des grumes sont en travers d’une trace. Quand il s’agit d’une piste de VTT en pente, ce peut- être casse-cou. Le plus souvent, tout va bien, les sentiers sont praticables, pour peu qu’on ait des chaussures adaptées.

Nouveau tracé

Les usages de la forêts sont nombreux et variés. Entre la chasse et la cueillette de champignons, l’exploitation du bois pour l’affouage ou pour apporter des recettes aux budgets communaux, ils sont tous légitimes, même le vélo, la course ou la marche, la balade ou le sport. L’ennui, ajoute Denis Mathez, c’est « qu’on ne sait pas comment faire avec les gens qui ne pensent pas qu’il y a une économie touristique derrière tout ça ».

Ces temps-ci, avec la communauté de communes du pays d’Ornans, son association réfléchit à un nouveau tracé et un nouveau nom pour le GR 590 du coin. « On va le baliser en jaune- rouge, pour GR de pays, et le faire passer plus près des villages pour faire vivre le commerce local. On devrait l’appeler Entre Loue et Lison au pays de Courbet ». Un peu long, mais il faut satisfaire tout le monde.

Daniel BORDUR

Paru dans L’Est Républicain le 05.02.2009

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