A quelques semaines du débat parlementaire, la chambre d’agriculture a adopté le 20 avril 2006 une motion demandant le « maintien du moratoire ».
La chambre d’agriculture du Doubs s’est prononcée hier pour « le maintien du moratoire » sur les OGM. La motion, adoptée par le bureau de la chambre et présentée par Sophie Fonquernie (FDSEA), souligne « les difficultés de coexistence des filières AOC, agrobiologiques ou sous label » avec les cultures OGM pour lesquelles est constatée une « absence de garanties de traçabilité ».
Délibérant pour la troisième fois sur le sujet, la chambre d’agriculture avait déjà défendu « une démarche de précaution évitant les risques inconsidérés ». Elle avait dénoncé la « soumission aux intérêts des grandes multinationales ».
Hier, elle a pris une position qui marque un changement sensible d’orientation. « Il s’agit surtout d’être en phase avec les AOC fromagères », a indiqué le président Michel Delacroix, en ouvrant le débat sous l’oeil de Luc Guyau.
Entre les timidement favorables et les farouches opposants qui s’exprimèrent ensuite, Michel Delacroix a balancé. Il a d’abord proposé d’« ajourner la délibération afin de la revoir avec la commission économique ». Une position soutenue par Henry Maillot qui ne veut « pas bloquer la recherche ». Par les députés Jean-Marie Binetruy et Françoise Branget. L’un demande la « prudence », la seconde dit sa « confiance » en un projet « renforçant l’information et la consultation du public ».
Mais Claude Vermot-Desroches, président du comité interprofessionnel du comté, a du poids. Le cahier des charges du roi des fromages exclut les OGM. Et Denis Narbey (Confédération paysanne) enfonce le clou : « On ne peut pas reporter. Il faut avoir du courage. »
Sophie Fonquernie propose alors un amendement qui permet de sortir de l’ornière : « Ne pas s’opposer aux recherches s’orientant vers des productions alimentaires et non alimentaires. » Claude Vermot-Desroches est beau joueur : « La motion préserve l’ensemble des centres d’intérêts. Notre région pose des préalables et les trois quarts des produits ont pris des orientations pour se passer d’OGM. Ce n’est pas assez engagé pour certains, c’est restrictif pour d’autres. »
Michel Delacroix met le texte aux voix. Avec 3 oppositions et 11 abstentions, il est adopté. Le combat anti-OGM vient de marquer un nouveau point.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 21.04.2006
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