daniel bordur - journaliste

Le lait à comté à 427 euros les 1 000 litres en 2009


Ce n’est pas vraiment une surprise : ça va bien pour les sociétaires des coopératives laitières du Doubs, particulièrement ceux qui produisent du lait à comté. En 2009, ils ont perçu un prix moyen de 423,27 EUR les 1 000 litres. À ce tarif, on peut ajouter une moyenne de 15 EUR de participation au bénéfice des coopératives, dont un quart revient au producteur (3,80 EUR), ce qui porte la rémunération du lait à 427,07 euros. De quoi faire pâlir les producteurs de lait standard, qui touchent une bonne centaine d’euros en moins, et encore.

Les trois autres quarts sont affectés aux réserves des coopératives qui consolident ainsi leurs fonds propres, et, du coup, « assurent leur pérennité », analyse Françoise Perrot-Gallet, chargée d’étude et de prospective à la FDCL (Fédération départementale des coopératives laitières), qui vient de tenir son assemblée générale.

Stratégie économique...

En quatre ans, le prix du lait à comté a augmenté de 82 euros pour 1 000 litres, soit 23 %. Ces chiffres sont à nuancer car il s’agit de moyennes calculées sur 58 coopératives. Ils traduisent une « conjoncture extrêmement favorable », souligne Mme Perrot-Gallet. Ils résultent d’une augmentation des recettes de l’ordre de 29 EUR pour 1 000 litres par rapport à 2008, alors que les coûts de production restaient stables, voire en très légère baisse.

Que faire des fruits de cette belle réussite ? D’abord de la stratégie économique. Depuis un an et demi, une petite majorité de coopératives a choisi d’abonder le fonds Coop Invest, destinée à participer au rachat de la branche comté d’Entremont par Sodiaal (lire en Région). On est loin de l’objectif initial, mais la FDCL veut continuer à porter le projet.

...et progrès social

Après la stratégie, le social. Un accord de branche a été signé hier avec les syndicats de salariés, dont celui des fromagers. Concernant 550 salariés dans la région, il porte sur la formation des vendeurs des magasins de coop et la prévoyance santé, ainsi que la mutuelle des salariés agricoles, au-delà de la production de lait.

Les relations particulières au sein des tandems fromager-président de coop sont aussi sur la sellette. « On voulait une formation pilote pour que ce tandem fonctionne bien, les fromagers l’ont mal pris, ils ont cru qu’on voulait leur retirer la gestion, alors qu’on voulait définir les rôles de chacun », dit Damien Pobelle, vice-président de la FDCL. Lors de l’AG, on avait cependant mis l’accent sur cette relation, notamment en invitant le président du syndicat des fromagers, Christophe Parent : « Quand on a un bon président, on le garde, mais s’il est là tous les jours, on en a vite marre... »

Daniel BORDUR / L’Est Républicain 21-12-2010

Textes et images © Jurandoubs | mentions légales | Site réalisé avec SPIP par Lionel Volta.