daniel bordur - journaliste

Un classement qui ne veut pas dire grand chose

Besançon est 20e sur 42 au palmarès des « villes où il fait bon étudier » du mensuel L’Étudiant dont le tiercé est Toulouse, Grenoble, Aix-Marseille.


Nous avons plutôt tendance à nous méfier des palmarès en tout genre des magazines parisiens qui classent les villes selon des critères plus ou moins arbitraires, évidemment contestables, souvent réducteurs. N’empêche, les élus se jettent dessus. Ils bichent quand leur commune est aux avant-postes car ces classements font, quoi qu’on en dise, un peu pour la notoriété d’un lieu et son attractivité. On peut aussi reprocher au système d’entretenir la concurrence entre les territoires, pas toujours bonne conseillère, pas forcément bonne boussole. Certes la concurrence existe, mais la coopération fait moins de ravages.

Ces réserves exposées, on ne peut passer sous silence le palmarès des villes universitaires que publie chaque année le mensuel L’Étudiant. Evaluant les villes accueillant plus de 8 000 étudiants, il a classé Besançon vingtième sur 42 et lui fait gagner six places. Le journal a établi trois classements selon la taille des agglomérations. Besançon n’est ni une métropole comme Grenoble ou Strasbourg (plus de 400 000 habitants), ni une « grande ville » comme Montpellier, Nancy ou Metz (250 000 à 400 000 hab) et occupe, dans la catégorie « villes moyennes » de moins de 250 000 habitants, une honorable quatrième place sur 19, derrière Dijon, Caen et Poitiers.

Le classement général résulte de plusieurs classements thématiques.

Culture : Besançon est 19e sur 21 au général et 3e ville moyenne derrière Caen et Dijon. On a pris en compte l’existence d’une opération accueil étudiant, le nombre de fauteuils de cinéma et la présence de programmes art et essai, le nombre de théâtres et de salles de musique, les festivals, les bibliothèques, les cartes jeunes. L’ouverture de la Rodia a évidemment fait gagner quelques places à Besançon.

Logement : Besançon est 5e sur 20 au général, et 4e ville moyenne sur 9, derrière Poitiers, Limoges et Perpignan. Les critères sont les prix des loyers privés et la proportion de l’offre du CROUS par rapport au nombre d’étudiants.

Sorties (proportion d’étudiants dans la ville, nombre de bars, de restaurants, de resto rapides et de discothèques) : Besançon est 16e sur 21 au général, 6e ville moyenne derrière La Rochelle, Caen, Amiens, Nîmes et Poitiers. Ah, réviser en levant le coude ou avalant des hamburgers !

Transports (fréquentation du réseau et tarif de l’abonnement mensuel pour moins de 26 ans) : la capitale comtoise est 10e sur 21 et 4e ville moyenne derrière Dijon, Poitiers et Reims. Heureusement que les Bisontins prennent beaucoup le bus car la ville est étendue...

Pour l’environnement, elle est 7e sur 21 et 5e ville moyenne derrière La Rochelle, Poitiers, Pau et Caen, mais c’est difficile de s’aligner sur des villes maritimes quand on juge la qualité de l’air ou l’ensoleillement, voire les vélos en location. Avec la forêt de Chailluz et ses 100 km de sentiers de randonnée, Besançon n’avait aucune chance...

Besac est absente du classement général sur l’emploi, mais 6e ville moyenne. On évalue notamment la part des diplômés de 2e et 3e cycles dans la population.

La ville est absente du chapitre offre de formation et, curieusement du rayonnement international malgré son fameux Centre de Linguistique Appliquée. Le premier évalue notamment la proportion de troisièmes cycles, le nombre de formations ou la réussite en licence. Le second la proportion d’étudiants étrangers, la fréquentation touristique, les écoles d’ingénieurs et de commerce... ainsi que le contesté classement de Shanghai !

Aïe, aïe, aïe.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 02.09.2011

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