Le sommet international des étudiants des 29 et 30 avril 2011 à Arc-et-Senans, a été lancé hier soir lors d’une réception au musée des beaux-arts de Besançon. Énumérant la trentaine de pays représentés, Claude Condé, le président de l’université franc-comtoise, s’est plu à souligner que ce sommet était celui où « l’Afrique est enfin représentée pour la première fois dans une manifestation de ce type. On fait largement mieux que le G20 » en anticipation duquel il se tient.
Venant après Sapporo, Turin et Vancouver, ce sommet organisé par le PRES Bourgogne-Franche-Comté, doit se doubler d’un sommet des recteurs et présidents d’université dans une semaine, initialement prévu à Dijon, délocalisé à Paris pour cause de crainte des manifestations. Ce colloque international ambitionne de s’inscrire « dans la prise de conscience des universités de la fragilisation de leur environnement due à l’accélération de l’économie », estime Claude Condé. C’est dans ce cadre qu’il entend « interroger les missions de l’université dans un monde globalisé ». On sent poindre la critique d’une université soumise à la globalisation libérale, mais il ne va pas jusque-là. Il en reste au constat que « les universités sont engagées dans les transferts et les applications des connaissances ». Vers où, par qui, pour quoi ? Il ne le dit pas, il préfère inviter à « s’arrêter pour un moment d’intense réflexion dans un mouvement rapide ». Trop ? Il dénonce les « enjeux virtuels d’un savoir parfois simulé » et propose de puiser dans la tradition du « fond utopique de Besançon ». Exercice de style ?, il trouve « trop concentrationnaire » l’univers de la Saline royale et cite des vers de Victor Hugo : « Où rampe la raison, l’honnêteté périt ».
En fait, c’est à l’occasion d’un rassemblement de quelques dizaines d’opposants, sur le pont Battant, à 200 m de là, que le non-dit des réponses aux questions de Claude Condé s’exprime. Lucie Magagnini, élue UNEF au conseil d’université, déplore ne pas avoir reçu d’invitation au sommet : « Les étudiants ont été triés, c’est de l’affichage. On ne rentrera pas dans les problèmes de fond, la précarité des étudiants, l’échec... » Plus sévère encore, un jeune manifestant dénonce un sommet placé « dans l’ensemble des politiques sur l’école : quand ce seront les boîtes qui dirigeront les facs, c’en sera fini de la recherche fondamentale ».
Au musée, le conseiller général Vert Eric Alauzet avait indiqué que l’université devait être « une composante essentielle de la gouvernance politique », avant que le conseiller régional PS Patrick Bontemps revendique assumer la continuité du programme d’aide aux études à l’étranger pour les étudiants comtois, initié par Edgar Faure en 1985.
Aujourd’hui, on parle dématérialisation et territorialisation...
Daniel Bordur / L’Est Républicain - 29.04.2011