daniel bordur - journaliste

Le collège Stendhal déserté


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VICTOR-HUGO mardi, Stendhal hier, Lumière aujourd’hui... Organisées par des parents d’élèves et des professeurs, les opérations « collège mort » se succèdent cette semaine à Besançon. Dans le même temps, on constate des rendez-vous contestataires à l’heure de l’apéritif ou du goûter, des blocages temporaires d’écoles primaires et maternelles. On lutte contre des dotations horaires en baisse dans les collèges, contre des suppressions de classes dans les écoles.

Hier au collège Stendhal, seuls cinq des 365 élèves étaient présents, quelques dizaines de parents filtrant l’entrée, 80 % ayant renvoyé et signé un bulletin de « soutien à l’action menée par les enseignants » et d’engagement à ne pas envoyer ses enfants en classe. Du coup, les enseignants, « tenus d’être là », ont préparé leurs cours en salle des profs. Cette forme d’action évite de perdre une journée de salaire et génère une participation très importante : « Je ne fais jamais grève, mais là, je suis mobilisée », dit une enseignante de lettres, mécontente de la suppression annoncée du soutien en maths et français. « On est une ancienne zone d’éducation prioritaire avec des options permettant que beaucoup d’élèves trouvent leur compte, mais ça se termine comme le latin et le grec, la classe européenne espagnol. Il y a menace sur les sections gym et natation qui recrutent loin, les élèves risquent d’aller ailleurs », dit une prof de maths.

Le mouvement a également touché le lycée professionnel et le CFA Montjoux qui jouxtent le collège Stendhal dans une même cité scolaire. Des lycéens ne sont pas venus, des apprentis ont fait grève « en soutien », perdant autour d’une cinquantaine d’euros. « Il faut savoir faire des sacrifices », dit une jeune fille du « piquet de grève ».

Quatre écoles mobilisées

Dans le primaire, le mouvement tournant a touché, pour la première fois, l’école Fontaine-Ecu hier matin. Avec une prévision de 87 élèves, elle pourrait passer de six à quatre classes, les nouveaux logements du site Weil tardant à sortir de terre. L’école Vieilles-Perrières a également été bloquée un temps. À l’école Brossolette (Montrapon), quelques dizaines de parents ont fait signer une pétition en début d’après-midi. À celle de la Butte, qui pourrait passer de 125 à 117 élèves, on pourrait passer de cinq à quatre classes. Les parents ont organisé un goûter, avec appel à la manifestation de samedi.

La campagne des cantonales s’est invitée dans le mouvement. Au collège Stendhal, les candidats PS et Front de gauche ont apporté leur soutien. À la Butte, ils étaient quatre : PS, FG, Europe-Ecologie et même UMP dont la candidate a écrit au recteur, sans toutefois aller jusqu’au ministre dont elle dénonce la politique !

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 18.03.2011

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