L’opération collège mort, mardi 15 mars 2011 à Victor-Hugo, a été très suivie par les professeurs et les surveillants. « J’attendais 71 personnes, 10 sont intervenues », constate le principal, Jacques Péquignot. « On était 90 % de grévistes à 8 h alors qu’on n’est jamais plus de 25 % », dit un enseignant d’éducation physique.
L’établissement du centre-ville de Besançon est mobilisé contre la suppression de quatre postes annoncée pour la rentrée prochaine, après la perte d’une vingtaine en six ans pour cent élèves de moins. Les conséquences dénoncées sont les mêmes qu’ailleurs : classes de 30 élèves, perte de deux classes, suppressions des groupes en sciences et en langues... Et le moral est atteint : « Je suis inquiète pour le devenir de mes enfants et l’avenir de l’école républicaine », dit cette enseignante de SVT (sciences et vie de la terre). Bien qu’ayant « encore la foi », un de ses collègues fait le parallèle entre « la fatigue des enseignants et les difficultés des élèves ». Il déplore le bricolage pour aider les élèves en difficulté dont certains « sont à la limite de la psychiatrie ».
Les parents, invités à pique-niquer avec les grévistes, ont été nombreux à manifester leur soutien : 450 signatures en un jour, et, sur un millier d’élèves, seulement 18 présents.
La mobilisation fait écho à celle annoncée pour jeudi au lycée professionnel Monjoux et au collège Stendhal. Augmentation des effectifs par classe et regroupements d’enseignements sur deux niveaux sont notamment annoncés au LP tandis que le collège craint la disparition de la filière européenne, du soutien en maths et français, du grec et du latin... Au collège d’Ornans, les profs sont également dans la danse. Ils n’ont ainsi pas mis d’appréciation sur les bulletins scolaires et boycotteront les portes ouvertes samedi.
Tout cela précède la manifestation de samedi à l’appel du collectif « Un pays, une école, notre avenir ». Et augure de nouvelles protestations quand, après les cantonales, on reprendra l’examen de la carte scolaire.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 16.03.2011