Moins 5,9% en un an sur les appartements de plus de 5 ans dans le Doubs, moins 3,8% sur les maisons... C’est le constat du baromètre des notaires.
À entendre les professionnels de l’immobilier, c’est toujours le moment d’acheter. Et cet automne, sans doute plus que jamais, si l’on en croit l’analyse des notaires du Doubs qui ont rendu publics les chiffres annuels de leur observatoire immobilier. « Aujourd’hui, vendeurs et acquéreurs sont plus en adéquation avec la réalité du marché », assure Brigitte Racle, la nouvelle présidente de la chambre départementale des notaires. « Les délais de vente retrouvent un niveau raisonnable et nous assistons à une augmentation du volume des transactions », ajoute-t-elle en spécifiant que c’est là le signe annonciateur d’une probable « augmentation raisonnable des prix ».
La profession a évidemment envie que les affaires reprennent vraiment : 40% du chiffre d’affaires des notaires se fait sur l’immobilier. Et comme les prix et le volume des transactions ont baissé ces deux dernières années, ils ont globalement encaissé une baisse que Jean-Yves Creusy, le précédent président, évalue autour d’une quinzaine de points. « Les notaires ont souffert, mais ont bien résisté », traduit Me Racle. Mais après huit ans de hausse, parfois vertigineuse, l’atterrissage était obligatoire. Sur les terrains à bâtir, la hausse sur dix ans aura ainsi été de 112% dans le Doubs, 129% en France...
Après ces années de folie dont ils ont aussi bénéficié, suivies de deux années de transition, ils estiment que « le marché est mieux orienté », et constatent que « les prix se stabilisent, hormis dans le secteur des maisons anciennes ». Reste que ces prix varient énormément en fonction de la localisation. Une même maison se vend ainsi 126 000 euros à Baume-les-Dames et 220 000 euros à Besançon. Devant l’agglo bisontine où 60% des transactions du Doubs se concentrent, le Haut-Doubs, du val de Morteau à Métabief en passant par Pontarlier, reste le secteur le plus cher du département.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 24.09.2010
Bregille, Boucle, Chaprais. C’est là où les prix médians étaient les plus élevés dans l’immobilier ancien (plus de 5 ans), notamment les appartements. Les prix observés par les notaires en 2009 étaient de 2000 EUR/m2 à Bregille, 1 950 EUR dans la Boucle, 1 774 EUR aux Chaprais. En 2008, les trois quartiers les plus chers étaient la Boucle (2 055 EUR), la Butte (2 010 EUR) et Battant (1 907 EUR).
Le prix médian sur la ville était de 1 713 EUR/m2, en baisse de 7,2 %, aussi loin des sommets que des prix les plus bas. Ceux-ci sont toujours constatés à Planoise (1 252 EUR) où la chute aura été l’une des plus importantes (-10,6 %), avec Vaites-Clairs-Soleils-Vareilles (-10,8 % à 1 545 EUR) et la Butte où la chute est la plus sévère (-12,7 % à 1 747 EUR).
Bregille est le seul quartier où le prix médian a augmenté de 2008 à 2009. Ailleurs, la baisse s’échelonnait de 2,3 % (Saragosse-Orchamps-Palente à 1 567 EUR) à 12,7 % à la Butte. La baisse était faible à la Grette (-3,1 % à 1 685 EUR) ou la Boucle (-3,8 % à 1950 EUR), plus marquée à Saint-Claude (-6,7 % à 1 714 EUR), les Cras (-8,1 % à 1 597 EUR), Montrapon (-8,4 % à 1 414 EUR), Battant (-9,1 % à 1 733 EUR), Saint-Ferjeux (-9,4 % à 1 731 EUR).
Selon les notaires, « la proximité du centre-ville reste un critère de choix important ». Ils font remarquer que désormais « les acquéreurs sont plus réfléchis et pensent à la revente. Ils sont attentifs à la qualité du bâti et à l’année de construction : les biens des années 1990 se vendent mieux que ceux des années 1960 ou 1970 ».
Les équipements du bien, les services du quartier, les diagnostics thermiques et énergétiques sont devenus des éléments essentiels de nombreuses négociations. « Le manque d’isolation phonique ou thermique » pose ainsi problème aux vendeurs à Planoise ou Montrapon.
Les appartements neufs se sont vendus à un prix médian de 2 887 EUR, en baisse de 4,4 % sur un an, mais en hausse de 13,6 % sur trois ans. Cependant, les moins chers ont vu leurs prix diminuer (-5 %) tandis que les plus chers restaient stables. Il y a toujours une clientèle pour les biens haut-de-gamme.
Dubitatifs par rapport à l’abandon probable du dispositif Scellier, les notaires craignent une prochaine saturation du marché locatif. Une alternative à cette sinistre perspective serait d’investir dans le parc public. On n’en prend pas le chemin.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 28.09.2010