daniel bordur - journaliste

550.000 euros la chambre à vide


Le laboratoire Femto-St de Besançon (UFC-CNRS) devrait faire travailler une vingtaine de chercheurs permanents et autant d’étudiants en doctorat ou mastère grâce une « chambre à vide » de 550 000 EUR. L’investissement de 600 à 700.000 EUR fait partie du projet Robotex, présenté par quinze laboratoires français de robotique, et retenu dans la première tranche du plan « Investissements d’avenir » que contribue à financer le Grand emprunt de 35 milliards.

Cette chambre à vide permettra d’explorer un « no man’s land dimensionnel » entre les microsciences et les nanosciences. Autrement dit, entre les objets de 0,1 à 10 microns et ceux que l’on mesure en dizaines ou centaines de nanomètres. L’équipe Systèmes automatisés de micromanipulation et de microassemblage sera ainsi « la plus grande équipe européenne et internationale dans la micro et nanorobotique ». Il y aurait là « un enjeu économique majeur », celui du « marché du nanopackaging ».

Ce nouvel outil peut sembler de peu de poids sur un projet global doté de 10,5 millions pour un budget évalué au double. Mais « la partie nano pèse plus d’un million », rappelle Nicolas Chaillet, le correspondant de Robotex pour le Pole recherche et enseignement supérieur Bourgogne-Franche-Comté (PRES). Par comparaison, l’université parisienne Pierre-et-Marie-Curie, la seule à travailler également sur la micronanorobotique aura « une dizaine d’emplois ».

Qui, à part l’État, s’intéresse à ce champ de la recherche au point de la financer ? « Notre club de partenaires industriels, avec Dassault et des start-up, est arrivé à maturité. La plupart a bien vu ce que peut apporter la recherche, mais pas encore au point de mettre des sommes claires sur la table », dit Nicolas Chaillet, persuadé que certains suivront : « Nous avons déposé à l’Agence nationale de la recherche un projet s’appuyant sur les nanotechnologies. Thalès a mis 350 000 EUR. On n’a pas été retenu, mais le projet a beaucoup évolué et on va le représenter ».

IRM et scintigraphie

Le PRES Bourgogne-Franche-Comté est concerné par un second projet retenu par le plan. Il s’agit de « coupler la résonance magnétique et la médecine nucléaire afin de mieux suivre les molécules dans un organisme », explique François Brunotte, le coordinateur du projet IMAPPI. Pour l’heure, « nous cherchons des preuves d’activité sur l’animal ou la cellule avant une transposition à l’homme, vers des traitements en cancérologie, cardiologie et neurologie », pas avant 5 ans. Un groupement d’intérêt économique, Pharmimage, a été constitué pour ce faire entre des entreprises et des laboratoires, essentiellement liés au CHU de Dijon, mais également Utinam de Besançon. Budgété à 19 millions, il est doté par le plan de 7,3 millions et de 6 millions par la société américaine Bioscan.

Lors d’une la conférence de presse, hier à Dijon, Sophie Béjean, la présidente de l’université de Bourgogne s’est dite « fière du signal pour les laboratoires de très haut niveau » en se réjouissant des « partenariats public privé ». Dans un communiqué, l’élu Modem de Besançon, Philippe Gonon, a regretté que l’université comtoise ait touché « neuf fois moins que la Bourgogne ». Réplique du président de l’université de Franche-Comté, Claude Condé : « Les petits décomptes m’intéressent moins que la dynamique... »

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 01.02.2011

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