Elle s’appelle Bobine, est née le 18 juillet 2006, et a gagné le titre de grande championne du concours général agricole des vaches montbéliardes. Fille du fameux taureau Micmac, comme deux autres des quatre finalistes, elle vit dans le Cantal, à 930 mètres d’altitude, dans le GAEC d’Emmanuel Fouillet et des frères Jérôme et Jean-Michel Cussac, à Alleuze, et produit du lait transformé en cantal, fromage AOC depuis peu.
Ému aux larmes, Jean-Michel Cussac est bien connu des éleveurs francs-comtois, dont il juge souvent les concours. Il avait aussi été juge au Salon 2009. Il souligne le travail génétique commencé par ses parents il y a une quarantaine d’années. Bobine a produit 8401 litres de lait lors de sa dernière lactation. Elle partage 200 hectares de pâturages d’herbe avec 94 montbéliardes, 200 génisses et 25 aubrac à viande. Elle vient après sa copine d’étable Uvéa, championne de la même section l’an dernier, et après la vache Sophie, championne jeune en 2005.
« C’est la plus belle, puissante, haute au garrot, profonde de poitrine, avec une grande capacité corporelle, un bassin parfait, bref idéale », explique Claire Gadiolet, la juge de ce concours 2011.
Éleveuse à La Chaumusse, près de Saint-Laurent-en-Grandvaux, elle est la première femme à présider le concours parisien. Elle aussi était émue : « On juge une fois à Paris dans sa carrière, c’est un grand moment. J’ai commencé à l’école et je suis venue pour la première fois voir un concours de montbéliarde quand j’avais 17 ans. J’ai même rencontré mon mari, Romain, sur le salon. »
Originaire du val de Morteau, Claire élève avec lui, en GAEC dans quelques semaines, quarante vaches laitières et 80 génisses. Née dans une famille d’enseignants, elle a gardé la fibre pédagogique. Cela s’entend dans l’explication de ses choix fournie au public du salon : « Il faut montrer au néophyte ce qu’on trouve à la vache, ne pas utiliser les mots régionaux, par exemple une mamelle bouillante au lieu de dire que c’est celle d’une vache en pleine production. »
Revendiquant faire le métier de « paysan », et non agricultrice, « parce qu’il y a pays », elle aime particulièrement le mot « éleveur ». Un métier dont elle a su expliquer la fierté au public enthousiaste du salon : « Ils aiment leur métier, n’en doutez jamais. »
Daniel BORDUR / © L’Est Républicain - 21.02.2011
Vice-championne : Victoire (Joël Dauphin, Lomont-sur-Crête). Championne jeune : Carlotta (GAEC Belle-Croix, Loire). Meilleure laitière : Sardine (Gilles Duffet, Domprel).