« Professionnalisation, nouveaux usages technologiques et environnementaux, diversification des modes de commercialisation et des débouchés, développement des labels de qualité... » Tel est le constat, résumé, fait par la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) après la publication des premiers résultats du recensement agricole 2010, dix ans après le précédent. En voici les grandes lignes.
Emploi
19 600 travailleurs permanents dont 12 900 chefs d’exploitation et co-exploitants (10 400 hommes et 2 500 femmes, +1,4 %), 5 100 autres actifs familiaux dont les conjoints et 1 600 salariés. Le travail saisonnier représente 800 équivalents temps-plein. Par rapport à 2000, on enregistre 3 000 chefs d’exploitations de moins, mais 200 co-exploitants de plus, 2 600 actifs familiaux de moins mais 400 salariés de plus.
Formation
75 % des agriculteurs de moins de 40 ans ont le niveau bac (79 % pour les moyennes et grandes exploitations). 28 % sont à bac + 2 (34 % pour les moyennes et grandes exploitations). Pour l’ensemble des exploitants, 60 % ont suivi une formation agricole, 28 % atteint le niveau bac contre 15 % en 2000.
Démographie
« Les exploitants franc-comtois sont plus jeunes que les agriculteurs français, particulièrement dans les moyennes et grandes exploitations : 30 % de moins de 40 ans, contre 26 % au plan national. 46 % des paysans comtois ont plus de 50 ans (42 % en 2000). Les moins de 30 ans sont stables (7,5 %).
Formes juridiques
9 740 exploitations dont 3 050 grandes (potentiel de production supérieur à 100 000 euros), 3 220 moyennes (25 000 à 100 000 euros), et 3 470 petites (moins de 25 000 euros). On compte 6 520 exploitations familiales et 3 220 exploitations sous forme sociétaire dont 1 500 GAEC ou groupement agricole d’exploitation en commun (- 9 %) et 1 380 EARL ou entreprise agricole à responsabilité limitée (+ 50 %). Cette augmentation remarquable des EARL est due au « statut qui protège les biens personnels en les séparant du capital de la société », tout en « donnant le statut de co-exploitant au conjoint ». Par rapport à 2000, on compte 130 grandes exploitations de plus. Elles représentent 31 % des fermes et 71 % de la production. Les petites et moyennes sont passées de près de 10 000 à 6 700.
Surfaces
Avec 662 000 hectares, la SAU (surface agricole utile) a perdu 5 600 ha en dix ans. La SAU représente 41 % de la région, un peu moins que la forêt (44 %). L’herbe est majoritaire (374 500 ha, 57 %, +3 %) devant les céréales (143 800 ha), et les autres cultures fourragères (95 400 ha de prairies temporaires et maïs...). Au total, le fourrage utilise 71 %. On plante 39 800 ha d’oléagineux et protéagineux, 2 300 ha de vignes, 900 ha de légumes, 800 ha d’arbres, 700 ha de plantes industrielles, 100 ha de fleurs. 8 000 ha de jachères 2000 ont été cultivées depuis en céréales (+5 000 ha) et oléagineux (+1 000 ha).
Productions
Les vaches laitières représentent 37,3 % des exploitations avec 3 630 élevages (-1 100), loin devant la polyculture et la polyculture-élevage (1 200 fermes, 12,4 %). Viennent ensuite : grandes cultures (1130, 11,6 %), autres élevages d’herbivores (940, 9,6 %), viticulture (710, 7,3 %), bovins viande (640, 6,6 %), ovins et caprins (540, 5,5 %), élevages hors-sol (370, 3,8 %), légumes, fleurs, fruits (230, 2,3 %).
Labels de qualité
3 960 exploitations dont 2 700 élevages laitiers (comté, morbier, gex, mont d’or) et 710 viticulteurs. Cela représente plus de la moitié des fermes comtoises, contre 20 % en France. 220 exploitations sont en IGP dont 145 en lait (gruyère) et 50 en porc. 180 exploitations sont sous label rouge dont 140 en lait (emmental grand cru).
Environnement-énergie
650 exploitations piègent les nitrates en utilisant un couvert végétal. 130 produisent une énergie renouvelable. Le tiers de la surface agricole est sans pesticides (produits phytosanitaires) ni engrais minéraux.
Animaux
On comptait 606 900 bovins dont 197 000 vaches laitières, 116 500 porcs dont 7 300 truies mères (6%), 64400 ovins (-12,5 %) dont 400 brebis laitières, 13 900 équidés, 5 500 caprins, 297 100 poules pondeuses et 347800 poulets.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 08.10.2011