daniel bordur - journaliste

Revenu agricole comtois : moins 18 % en 2009

La baisse est moindre qu’au niveau national (-30 %) mais ne rend pas compte des contrastes entre les productions.


Le résultat courant avant impôt de la ferme comtoise moyenne a baissé de 18,1 % en 2009 par rapport à 2008, selon le service statistique de la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF). Ce revenu moyen est de 14 700 euros par actif non salarié dans la région, une somme très proche du revenu de l’agriculteur français (14 600 euros). La ferme moyenne comtoise a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires de 110 500 euros, constitué pour 41 300 euros de productions végétales (12 800 euros de céréales et protéagineux, 19 100 euros de fourrages, 5 700 euros de vins) et pour 63 900 euros de productions animales dont 41 600 euros de ventes de lait et produits laitiers, et 14 900 euros de ventes de gros bovins.

La ferme moyenne a dépensé 75 300 euros pour fonctionner, achetant par exemple pour 7 400 euros d’engrais ou 13 400 euros d’aliments, payant 9 000 euros de loyers ou de fermage. Les coûts de production ont baissé en 2009, hormis pour les engrais dont la charge a augmenté de 3,2 % malgré une diminution de 27 % des quantités achetées en raison d’une forte hausse des prix.

La ferme a consacré la moitié d’un revenu brut de 50 200 euros à amortir ses investissements et enregistré un résultat financier négatif de 3 000 euros, ce qui témoigne de la tension des trésoreries. Elle a enfin perçu 27 500 euros de subventions. Le revenu de cette exploitation moyenne a été de 21 100 euros, et donc de 14 700 euros par actif, puisque de nombreuses fermes sont exploitées à plusieurs.

Ces statistiques ne doivent pas masquer la grande diversité des situations selon les productions et les secteurs géographiques. Malgré une bonne récolte, les revenus des céréales et des protéagineux ont baissé de 23 %, en raison de la chute des cours mondiaux. On reste loin de la chute de 57 % du revenu des céréaliers au plan national. À l’inverse, le revenu des producteurs de lait a augmenté de 3,8 %. Une variation qui ne peut, là non plus, masquer la différence entre le lait standard (chute de 20 % des recettes et prix en baisse de 15 %) et le lait à comté et autres AOC (+7% sur le prix). Le revenu moyen par actif a été de 17 100 euros en bovins-lait (AOC ou non) et de 13 200 euros en polyculture.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 02.08.2010


Le Doubs s’en sort mieux grâce au comté

La prédominance de l’élevage laitier AOC dans le Doubs fait que le revenu moyen avant impôt par actif y a très faiblement baissé. À 17 700 euros, il s’est tassé de 1,8 %. En revanche, en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort, le revenu a chuté respectivement de 32 % et 29 %, plongeant à 11.700 et 11 800 euros. Cette baisse s’explique par la spécialisation de ces deux départements dans les grandes cultures et le lait standard. Combinant les deux situations (cultures et lait standard au nord, lait AOC en montagne), le Jura est entre les deux avec un revenu moyen de 16 000 euros, en baisse de 21 %. Les viticulteurs jurassiens ont vu leur revenu chuter de 28 %, non en raison d’une baisse des prix, mais d’une petite récolte 2009. Depuis 1990, le revenu des agriculteurs comtois a augmenté de 40 %, passant de 10.900 euros à 14.700 l’an dernier, avec des pointes supérieures à 20 000 euros en 2000, 2005 et 2007. À comparer à la plus grande variabilité du revenu français : 14 300 euros il y a 20 ans contre 14.600 l’an dernier, avec un pic à 26 500 euros en 2007.

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