Après avoir replanté de la vigne dans la vallée de la Loue il y a 25 ans, l’association Ruranim revient de loin. Elle tient une importante assemblée générale ce samedi 18 juin.
Convalescente, Ruranim s’interrogera samedi sur son avenir à Vuillafans. Entre la dette sociale, les déficits d’exploitation, une gestion amateur et une récolte plancher, l’association était au bord du dépôt de bilan fin 2009 quand Gaëtan Madoz reprit la présidence laissée par Alain Verdenet. Les pertes dépassaient 300 000 euros, les dettes représentaient 170 000 euros. Un plan de redressement a été bâti avec le Crédit Agricole, devenu principal créancier.
Depuis, les activités viti-vinicoles ont été séparées de celles de l’association et transférées, en deux étapes, au vigneron Denis Pin par le biais d’un contrat de fermage. À charge pour lui de racheter le matériel tout en payant un loyer. « J’ai tout fait pour qu’il n’y ait pas de dépôt de bilan, je dois encore la cuverie », dit-il. Encore lui a-t-il fallu patienter car une demande de saisie judiciaire avait été formée par Alain Verdenet. Débouté le mois dernier, il a fait appel, mais ce n’est pas suspensif. Les 55 000 euros de la cuverie feront du bien aux finances de l’association. Clarifiées dans les grandes lignes par le redressement, elles restent partiellement dans le flou. Alain Verdenet estime en effet être créancier de Ruranim pour 76 267 euros qu’il aurait eus sur un compte-courant d’associé.
Pour les récupérer, il avait saisi le tribunal de grande instance en référé, mais a été débouté en février. Notamment au motif que « les statuts ne prévoient pas l’existence de comptes courants associés ». Mais aussi parce que les comptes 2008, 2009 et 2010 ne sont pas approuvés. M. Verdenet a maintenu sa procédure sur le fond et un expert judiciaire a été désigné pour tenter de voir clair dans les mouvements financiers. « Il doit réunir les deux parties pour expliquer sa méthode, produire ensuite un prérapport sur lequel chacun fera ses remarques... Cela va nous emmener jusqu’en 2012 », présume le trésorier, Jacques Petit, ingénieur des travaux publics et expert judiciaire en BTP.
Ce lourd passif aurait pu emporter Ruranim, lasser les 2 000 sociétaires. Pour l’heure, la nouvelle équipe a « normalisé les conditions de fonctionnement et consolidé la situation financière », lit-on dans l’invitation de Gaëtan Madoz à l’assemblée générale de samedi. « Il faut maintenant préparer l’avenir », nous explique-t-il. Dans son écrit, il demande aux sociétaires, créanciers pour plus de 200 000 euros, de « s’interroger sur la capacité à assurer la pérennité de Ruranim ». En 2012, ils pourraient réclamer le remboursement du prêt qui a permis la renaissance de la vigne dans la vallée de la Loue en 1987. « Je leur demanderai de proroger l’actuel prêt ».
Sinon, le spectre du dépôt de bilan pourrait à nouveau roder...
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 15.06.2011
Comment s’annonce la récolte 2011 avec cette sécheresse ? « ça va, la vigne a trois à quatre semaines d’avance, les fleurs ont fini début juin au lieu de fin juin. On pourra vendanger autour du 15 septembre... Les pluies ont permis à la végétation de continuer à pousser... », répond le vigneron, Denis Pin. Les mois d’été seront cruciaux pour la suite, la quantité de soleil, la maturation du raisin, bref le caractère du millésime 2011.
Côté récoltes précédentes, « le stock est quasi épuisé et le millésime 2010 commence à être vendu : petite quantité mais bonne qualité », dit Jacques Petit. Denis Pin a cependant constaté, comme ses collègues jurassiens et alsaciens, que le vin se vend moins bien que d’autres années...
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