Le montant d’une subvention (30000 euros) de la chambre d’agriculture du Doubs au syndicat Jeunes Agriculteurs qui organise une manifestation (31060 euros de budget) en marge du congrès national, fait tousser la Confédération paysanne.
On le sait, Pontarlier accueillera du 5 au 7 juin 2012 le congrès national du syndicat Jeunes Agriculteurs. Du coup, les JA du Doubs, organisateurs, ont prévu en parallèle une manifestation grand public de « communication et promotion » de l’agriculture départementale « à l’attention des congressistes et de la presse nationale ».
Un village agricole sera créé au centre-ville dès le 2 juin, avec mini-ferme, défilé de montbéliardes avec éleveurs en habit d’armailly, chars d’absinthe, mise en scène de Bidons sans frontières signée Gérard Benoît-à-la-Guillaume avec chorale et bouilles à lait. Il y aura aussi un marché de produits locaux, des démonstrations de fabrication de comté et de fumage de salaisons, un concours de photos et la réalisation d’un film de 10 à 15 minutes de promotion du Doubs. Le tout pour la modique somme de 31 060 euros hors taxe que la chambre d’agriculture a décidé, jeudi, de subventionner à hauteur de 30 000 euros !
Couvrant la quasi-totalité du budget, la somme fait tousser la Confédération paysanne : « J’avais pensé lire 3 000 euros », ironise Gérard Coquard qui considère « excessif » le montant de la subvention, tout en admettant que « sur le fond, il faut soutenir toutes les organisations ».
Pierre-Marie Vouillot, le président des JA25 assure que cette « semaine de l’agriculture sera bien plus qu’une action syndicale : une communication sur les AOP et sur l’installation des jeunes pour laquelle le Doubs est leader ».
Le président Daniel Prieur fait ce curieux calcul : « Il y a eu 1993 jeunes installés depuis 1984, date du dernier congrès du CNJA dans le Doubs. 30 000 euros, ça fait 15 euros par JA installé. C’est la dynamique de l’installation qui fait le ressort du département. Et on a veillé à ne pas mélanger les genres : l’appui de la chambre servira à la promotion de l’agriculture, pas à payer une montre aux congressistes ».
Pour Gérard Coquard, le Doubs doit essentiellement sa dynamique de l’installation à la « formidable filière comté » et à la « vitalité des entreprises et des coopératives ». Il fait en effet référence au cahier des charges du comté qui maintient des éleveurs et des fromageries sur l’ensemble du territoire de production.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 04.12.2011