daniel bordur - journaliste

PAC, le SOS des paysans

Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, secoue le ministre Bruno Le Maire qui tente de donner des gages au congrès du premier syndicat agricole et annonce un projet commun avec l’Allemagne pour la future PAC.


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Jean-Michel Lemétayer : "la pensée ultralibérale règne en maître et broie les hommes"

Nombreux étaient les agriculteurs sceptiques à l’issue du discours du ministre Bruno Le Maire, hier à Auxerre en clôture du 64e congrès de la FNSEA. « Si 50 % de ses annonces se réalisent dans un an, ce sera beau », dit l’un. « On l’attend aux actes », enchaîne un autre. « Il a quand même retourné la salle en cinq minutes », fait un troisième en évoquant les très offensifs propos de Jean-Michel Lemétayer juste avant que le ministre parle : « Vous devez entendre le SOS des paysans qui vivent un désastre économique, une faillite financière, sont considérés comme des citoyens de seconde zone et des accusés permanents sur l’environnement... Il faut s’attaquer aux causes de la crise : le moins disant commercial, la pensée ultralibérale qui règne en maître et broie les hommes ».

Pour entendre, Bruno Le Maire a entendu. D’abord les applaudissements nourris saluant les mots du chef syndical. Puis, les huées alors qu’il s’avançait vers le pupitre. Enfin en répondant, parfois avec justesse : « Dans les campagnes de France, le doute et le désarroi se sont installés... Je suis venu vous dire que nous ne vous laisserons pas tomber... La crise agricole nous impose de refonder la politique agricole commune sur des bases plus solides ».

Il n’a rien dit de neuf sur le projet de loi de modernisation de l’agriculture qu’il présentera en urgence, le 18 mai au Sénat : contrats écrits avec les industriels, renfort des interprofessions... si le droit européen de la concurrence le permet, ce qu’il a demandé lundi au vice-président de la Commission Joaquim Almunia. Une évolution sur ce point serait un véritable signal.

Il annonce qu’il présentera fin juin, avec l’Allemagne, une « contribution commune sur l’avenir de la PAC » après 2013. Dans cette négociation européenne, il « défendra des orientations » : « nouveaux instruments contre la volatilité des prix », refus d’aller « au-delà de ce que nous avons négocié à l’OMC », « combat en faveur de la préférence communautaire ». Il argumente sur les aides directes qui compensent un surcoût par rapport aux prix mondiaux « entraîné par les normes environnementales, sanitaires et sociales, prix du modèle européen ». Il n’est « pas satisfait » des premiers travaux de la Commission qui veut réviser les zones défavorisées, notamment en montagne.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 02.04.2010

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Ciolos : « renforcer les producteurs »

Contrainte d’agenda ? Volonté de ne pas s’afficher avec des Français pour ne pas froisser les plus libéraux des Européens ? Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture, a parlé aux congressistes par... vidéo interposée. Pour 2013, il défend « une PAC qui rassemble » et étudiera les relations entre acteurs de la chaîne alimentaire. Il souhaite « la confiance des consommateurs dans les mécanismes de fixation des prix » et des « relations apaisées entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs ». Nouveauté par rapport à son prédécesseur Mariann Fischer-Boël, il voit des « dysfonctionnements dans la répartition de la valeur ajoutée » et veut « rehausser les capacités de négociation des producteurs pour les mettre à égalité avec leurs partenaires commerciaux ». Il présentera fin 2010 des mesures pour le lait.

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