daniel bordur - journaliste

La Confédération paysanne : « Nos idées sont majoritaires »

La Confédération paysanne du Doubs faisait en mars 2008 un bilan social sévère de la politique agricole communautaire : le département a perdu 60 % de ses producteurs de lait depuis 1975...


En janvier 2007, la Confédération paysanne avait pris une claque lors des élections à la chambre d’agriculture. Perdant la moitié de ses voix, passant de 37 à 18 %, elle avait laissé la place de second syndicat à la Coordination rurale. Passé le coup de bambou, elle avait décidé lors de l’assemblée générale qui avait suivi, en mars dernier, une nouvelle stratégie qu’elle a confirmé jeudi à Valdahon : « Davantage communiquer sur l’agriculture paysanne, continuer la lutte anti OGM, poursuivre notre partenariat avec les écoles d’agriculture », a résumé le porte-parole départemental, Jean-Michel Bessot, paysan à Cernay-l’Eglise, dans le canton de Maîche. « Il s’agit de présenter un autre discours aux élèves et d’avoir une discussion avec eux ».

Cette assemblée à laquelle a participé une trentaine des 200 adhérents, a également été l’occasion d’un débat autour du « bilan de santé des paysans » que le syndicat entend établir à l’occasion du bilan de la PAC que l’Europe doit faire à la fin de l’année. Parce que « dans les documents officiels, on parle de tout, des filières et des marchés, mais pas des paysans ».

Pour Gérard Coquard, élu à la chambre d’agriculture du Doubs, le bilan doit être social. Quelques chiffres le résument : 6.371 apporteurs de lait en 1975 pour une moyenne de 70.000 litres par an et par exploitation ; 2.694 apporteurs en 2006 pour 202.000 litres. De 441.327 tonnes de lait en 1975, le département est passé à 544.658 en 2006. Quant aux emplois, on est passé de 5.500 équivalents temps pleins en 2000 à 4.950 en 2005...

Invité pour la première fois à une AG de la Conf’, le président de la chambre d’agriculture, Daniel Prieur, opine quand Gérard Coquard défend la constitution d’un fonds qui pourrait permettre de conserver, ou faire revenir dans la région, des sièges sociaux d’affineurs : « Quand la cancoillotte Raguin est partie, on n’a rien fait. On ne peut pas continuer comme ça, si on avait réagi plus tôt, on en serait pas là ». Daniel Prieur dira plus tard « apprécier l’investissement de Gérard sur le dossier lait ».

Retour aux fondamentaux

André Bouchut, producteur de myrtilles et de champignons dans la Loire, secrétaire général de la Conf’, estime que la réforme de la PAC en 2003 a « démantelé l’organisation des marchés par la dérégulation. Ce discours est toujours actuel : on ne veut pas ’’perturber les marchés’’. Je croyais que la politique était faite pour qu’on vive ensemble... » Quant à la suppression du stockage public des céréales, il assure que « c’était organisé » pour que les prix augmentent, et réfute l’argument de la baisse de production : « 2007 a été une année record, il faut notamment prendre en compte l’impact du carburant-céréales ! »

Après la déconvenue des urnes, la Conf’ revient aux fondamentaux : la défense des paysans, même si elle affirme que ses idées sont « majoritaires dans la société »

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 09.03.2008

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