En visite à Paris, le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, a assisté au bureau national de la FNSEA, mercredi 28 avril 2010
LE COMMISSAIRE européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, proposera à l’automne « des mesures de soutien spécifiques notamment pour le secteur laitier, sans attendre la réforme globale de la PAC ». C’est ce qu’il a indiqué hier, à l’issue de différentes rencontres avec les autorités françaises. Il effectue une tournée en Europe pour consulter les pays membres sur l’avenir de la PAC.Dacian Ciolos a d’abord pris le petit-déjeuner à la FNSEA et participé durant une heure et demi à son bureau national. Il a ensuite été reçu par le président du Sénat, Gérard Larcher, avant d’être auditionné par les sénateurs en commission. Le commissaire européen a précisé que « des dispositifs de lissage des variations de revenu pourraient être étudiés » et il « a souligné le rôle important des interprofessions ».Dacian Ciolos a ensuite rencontré le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a précisé que ces mesures seront prises sur la base des conclusions du groupe d’experts, nommés en octobre dernier, pour résoudre la crise laitière. Ces conclusions sont attendues pour le mois de juin.
Parmi les mesures pourrait figurer « un meilleur équilibre (dans la répartition de la valeur ajoutée, ndlr) entre les différents maillons de la filière laitière » (producteurs, transformateurs et distributeurs).Également au programme, la mise en place de contrats entre producteurs et industriels pour « assurer une stabilité des revenus » pour les producteurs de lait.Selon le calendrier évoqué par M. Ciolos, des propositions pourraient être faites en juillet sous la présidence belge pour que des mesures soient prises « avant fin novembre ».
Selon Daniel Prieur, président de la commission montagne de la FNSEA, éleveur laitier en AOP comté et président de la chambre d’agriculture du Doubs, Dacian Ciolos « met le marché avant la régulation ». Mais il reste favorable à des « moyens pour le développement rural », en particulier dans les secteurs où l’agriculture est la seule activité. Le commissaire européen serait également sensible aux signes de qualité que sont les AOP (appellation d’origine protégée) et IGP (indication géographique de provenance) sur lesquelles « il a indiqué qu’il ne transigera pas dans les négociations bilatérales » avec d’autres pays, étant précisé qu’il n’y « aura pas de reprise des négociations à l’OMC ». La FNSEA pourrait bâtir les orientations de son congrès 2011 sur « la souveraineté alimentaire » et la « qualité ».Daniel BORDUR
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 29.04.2010