daniel bordur - journaliste

La FDSEA du Doubs investit les idées vertes

Le congrès départemental 2006 a été l’occasion d’une réflexion prospective sur les relations entre énergie, économie et écologie.


Entre écolos et paysans, ça ne gaze pas toujours. Les premiers reprochent aux seconds de polluer, de gaspiller l’eau, d’épuiser la terre... Les seconds aimeraient bien voir les premiers à l’oeuvre, histoire de rire un peu. Quand il est question d’énergie, la controverse continue. Investissons dans le diester, disent les paysans. Mais, pas du tout, leur répondent les écolos en critiquant la logique intensive.

A Saône, lors du congrès de la FDSEA du Doubs, les uns et les autres auraient eu l’occasion de successivement se détester et s’adorer. Xavier Beulin, vice-président de la FNSEA et président de la fédération des oléo-protéagineux, en GAEC dans le Loiret, a cependant de sérieux arguments en faveur des « biocarburants » que les écolos préfèrent appeler agrocarburants.

Se basant sur les besoins croissants en énergie d’une population mondiale en expansion, il assure que la demande existe, que c’est le moment de s’y mettre : « 7 % de biocarburant dans le carburant fossile en 2010, c’est 4 millions de tonnes et 2 millions d’hectares en France, soit 15 % de la surface actuellement en céréales et oléagineux ». Si l’on s’y prend bien, « si les agriculteurs gardent une certaine maîtrise, cela aura un effet positif sur le cours des matières premières, par exemple le colza ».

Efficace

L’expérience de Francis Claudepierre, paysan à Mignéville (Meurthe-et-Moselle), est d’une nature à rabibocher presque tout le monde. Il méthanise les biogaz issus des déjections animales. L’installation qu’il a faite lui permet de fabriquer l’énergie nécessaire à sa ferme et au chauffage de sa maison. Produisant 125.000 kW/h par an, il en consomme 34.000 et revend le reste à EDF... 0,076 € le kW/h contre 0,17 € s’il avait été en Allemagne.

Il raconte comment il a monté son affaire en combinant subventions de mise aux normes et aides aux énergies renouvelables, mais aussi en remontant ses manches près de 3.000 heures... L’auditoire est béat d’admiration. Tout comme il montrera une grande attention à la fabrication de granulés bois de la Cuma des Nobles pratiques à partir de sciure : efficace et bon marché.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 28.01.2006

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