En janvier 2006, le syndicat minoritaire occupait durant 24 heures les locaux parisiens de l’interprofession laitière pour défendre la maîtrise de la production. En vain.
Une centaine de militants de la Confédération paysanne ont occupé de mardi après-midi à hier 17 heures, les locaux parisiens du CNIEL (Centre national interprofessionnel de l’économie laitière). Ils entendaient faire pression pour participer aux négociations sur le prix du lait. Censées se conclure d’ici la fin du mois, elles se tiennent, au sein du CNIEL, entre les industriels (FNIL), les coopératives (FNCL) et les seuls producteurs de lait affilés à la FNSEA par le biais de la FNPL.
Classée à gauche, la Confédération paysanne n’est pas le seul syndicat minoritaire à réclamer voix au chapitre. En novembre dernier, la très droitière Coordination rurale avait occupé les locaux du CNIEL, indiquant que « la crise agricole demande des interprofessions ouvertes et pluralistes ». Elle avait obtenu d’« exposer » au CNIEL les motifs de sa demande d’intégrer l’interprofession. Fixé hier à 16 h, le rendez-vous a été annulé à cause de l’action de la Conf’.
Après une nuit dans des sacs de couchage, ses militants ont empêché les 240 salariés du CNIEL d’accéder aux locaux. Le blocage a permis l’obtention d’un rendez-vous le 18 janvier. Une réunion pour définir les questions à évoquer ce jour-là s’est tenue dans un café des environs à 15 h, mais elle a « capoté car la FNPL tient à son monopole et met son veto à toute ouverture aux minoritaires », explique Jean Cabaret, responsable laitier de la Conf’. En guise de protestation, les occupants ont emmené le bureau du président de la FNPL, Henri Brichart, qui préside également le CNIEL, au ministère de l’Agriculture à travers les rues de la capitale.
Dans le même temps, Jean Cabaret indiquait que les instances de la Confédération paysanne discuteront aujourd’hui des suites à donner à une proposition du directeur du CNIEL d’examiner les « conditions de la participation de la Conf’ au CNIEL ». Un professionnel du lait estime que « l’arc-boutisme de la FNSEA sur son monopole historique ne peut plus durer » et que « la problématique de la maîtrise de la production portée par la Conf’ a de l’avenir... »
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 12.01.2006