
Paul Barbier rigole encore des énormes tracteurs de la manif de la FNSEA du 16 octobre. « Nous, on demande la maîtrise de la production, pas des aides qui vont aux paysans qui doivent rembourser de gros investissements ». L’éleveur de Mancenans-Lizerne (et acteur de cinéma dans L’Apprenti) le sait, le problème n’est pas aussi simple que ça. Mais la façon dont il en parle résume bien ce qui distingue la Confédération paysanne, sa préférence pour des petites fermes autonomes.
Venu par « solidarité », Régis Girardet, d’Arguel, a beau ne pas se plaindre « pour l’instant » du prix de son lait à comté, il ressent les effets de la crise : « Les vaches de réforme ne se vendent plus... J’avais spéculé sur des génisses prêtes, mais il n’y a personne pour les acheter ».
Producteurs de lait standard que la coop de l’Ermitage paie 274 euros la tonne, Jean-Pierre et Raphaël Comte, à Silley-Bléfond, près de Baume-les-Dames, sont coincés : « Encore six mois comme ça, on y va... » Faut-il des aides ? « Non, ça va nous mettre à dos les ouvriers ! »
À deux pas, Gérard Coquard, président de coop à Arc-sous-Montenot, remplit les bouteilles apportées par les sympathisants. « Les gens ont bien suivi la crise, ont compris les prix du lait standard », dit-il. « Même si c’est un don de lait, ils donnent quelque chose, savent qu’il y a un coût », ajoute le porte-parole de la Conf’ Jean-Michel Bessot. Les 400 litres de lait à comté, fournis par M. Lombardot, d’Aubonne, sont presque partis quand la fondue est prête. Des élus Verts y goûtent...
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 24.10.2009