La chambre d’agriculture du Doubs se prononce pour le maintien des quotas laitiers !
La chambre d’agriculture du Doubs a voté jeudi 23 avril 2009 une délibération saluant le bilan de la PAC (politique agricole communautaire) mais demandant le maintien des quotas laitiers. Elle ne l’avait jamais fait, souhaitant jusque-là, plus modérément, préserver les « outils de régulation des marchés ». Gérard Coquard (Confédération paysanne) l’a convaincue d’aller plus loin. Elle a également souhaité « des mesures fléchées pour les zones intermédiaires », autrement dit les secteurs céréaliers, perdants de la redistribution des aides PAC décidée il y a deux mois par le ministre de l’agriculture Michel Barnier, alors qu’on est loin des surfaces et des rendements de la Beauce. Cela n’a pas empêché deux abstentions et un vote contre du céréalier retraité Gabriel Bonnefoy, à la déception du président Daniel Prieur qui avait amendé une première version de la délibération pour ratisser large.
En fait, il y a un virage politique de la chambre d’agriculture du Doubs dont le propos anti-libéral s’est radicalisé. « Tout peut arriver lorsque l’on s’éloigne du réel, lorsque l’appât du gain rend fou et autorise n’importe quoi », avait lancé Daniel Prieur. Persuadé que « les crises conduisent immanquablement à en appeler à plus de règles, de morale, d’organisation collective, de rôle donné à la puissance publique », Prieur estime qu’« il y a urgence pour les dirigeants européens à délaisser les discours de doctrine et inspirer leurs actes de la réalité ».
Plusieurs voix l’ont approuvé. Pleinement, comme Charles Schelle, qui « conseille de réinstaurer des mécanismes de régulation ». Gérard Coquard, on l’a vu, qui craint que l’on « reste dans le discours » mais vote la délibération qu’il a infléchie. Sylvain Marmier défend « d’autres voies que le libéralisme », mais pense « inopportun de calquer la politique industrielle sur la politique agricole, voire alimentaire ». Il estime le bilan de santé de la PAC « globalement positif pour la France » et veut « anticiper 2013 ». En fait ce qu’il devrait y avoir après la PAC quand elle aura été démantelée... si l’on continue dans la direction prise en 1992 de coller à l’OMC. Gérard Coquard est d’accord, ce qui ne le rassure pas : « Quand tout le monde dit pareil, je suis inquiet ».
Seuls, les céréaliers rechignent : « Le bilan de santé n’a pas fait bondir de joie dans notre secteur », dit Philippe Domon qui, comme Jean-Marie Racine, s’abstint.
Il y aura un double coup de gueule, lancé par le président de la FDSEA, Jean-Claude Jeannin. À l’égard de Jean-Marie Regnaud, favorable à une allocation de fin de campagne laitière : « C’est déraisonnable quand il y a du lait à 200 euros la tonne ». Jeannin écorna aussi la députée UMP Françoise Branget « moins inquiète pour l’agriculture que pour l’industrie ». « Si on va à l’OMC, ce qui s’est passé pour le mouton qu’on paie au prix néo-zélandais, se passera pour le bœuf qu’on paiera au prix argentin, 1,20 euro le kg... »
D.B. ER 25.04.2009