daniel bordur - journaliste

Circuits courts pour les collèges du Doubs

Les cantines des collèges publics du département seront progressivement approvisionnées par des filières locales en 2010 : pain béni pour l’agriculture biologique.


Claude Jeannerot l’a annoncé jeudi aux membres de la chambre d’agriculture. Le conseil général va utiliser le levier des cantines des collèges pour orienter vers la production locale sa politique des approvisionnements en viande fraîche, produits laitiers, céréales, fruits et légumes. Servant près de 14.000 repas par jour, soit plus de deux millions par an, les 36 cantines autonomes et 7 cantines relais (les plats sont seulement réchauffés) représentent un marché de poids.

Claude Jeannerot a proposé aux représentants de l’agriculture de participer à un groupe de travail qui doit préparer, d’ici la fin de l’année, un dispositif qui sera soumis au conseil général dès le début de 2010. « Il ne s’agit pas seulement de notre politique d’achats, mais aussi de la capacité des producteurs locaux à répondre à nos appels d’offres », a précisé le président du conseil général, reçu cinq sur cinq par Daniel Prieur. « Voilà des propos pragmatiques, l’agriculture s’inscrit dans ce projet », a sobrement réagi le président de la chambre d’agriculture.

Le « projet », c’est Doubs 2017 qui fait office de boussole pour la majorité de gauche du département. L’agriculture y figure en bonne place avec des politiques foncière et forestière. Celle dans laquelle s’inscrit l’approvisionnement des cantines par des filières courtes ambitionne de « participer au renforcement et à la diversification de l’économie agricole en prenant en compte les enjeux environnementaux, énergétiques et sanitaires ».

Un obstacle juridique

Reste que la préférence départementale est, en soi, tout à fait illégale. C’est pourquoi le groupe de travail sera invité à « construire un cahier des charges conforme à la réglementation et aux règles de la concurrence », nous a indiqué Claude Jeannerot. On peut imaginer des clauses limitant la charge en carbone des achats, donc les distances de transport. L’obligation d’une grande fraîcheur, ou d’une teneur garantie en vitamines pour les végétaux, peut concourir au même résultat. Ira-t-on jusqu’à évoquer la sauvegarde de la culture par la connaissance des produits et de la cuisine régionaux ?

C’est à l’évidence à un travail juridique délicat auquel vont se livrer les services du conseil général qui devront faire preuve d’imagination. Une autre difficulté résidera dans la durée des contrats passés à la suite d’appels d’offres publics, en général limités à trois ans : un peu court pour consolider des choix agricoles qui nécessitent des investissements à beaucoup plus long terme.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 15.09.2009


Le bio pour tous, c’est l’étape suivante

Le processus dans lequel s’engage le conseil général ressemble à celui emprunté par la ville de Besançon pour les cantines des écoles primaires et des foyers logements : elle étudie avec la chambre d’agriculture les moyens de convertir au bio les exploitations situées dans le périmètre de protection de la source d’Arcier.

Si le conseil général parle surtout de circuits courts, il sait qu’il fait le lit du bio. Il sait que la contrainte est la même que pour la ville : il faut deux ans pour y convertir une ferme. Ce délai explique pourquoi la part du bio dans l’agriculture ne décolle pas au même rythme que la demande et reste aux alentours de 2 %. C’est une bonne raison pour commencer par le début : passer d’abord aux circuits courts. Le contenu de l’assiette des collégiens sera en effet de plus en plus local au cours de l’année 2010. Le bio pour tous, c’est l’étape d’après.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 15.09.2009

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