Jean-Michel Cretin, programmateur de l’Espace-Cinéma, explique pourquoi il a sélectionné ce beau film de Dominique Marchais sur l’agriculture (visible samedi 19 juin à 18 h 30 au Kursaal à Besançon).
De nombreux films sortent sur l’agriculture. Êtes vous surpris par le succès du ’’Temps des grâces’’, que vous avez projeté mardi au Kursaal, en présence du réalisateur, Dominique Marchais ?
C’est une très bonne surprise. Il y a eu 330 entrées. Cela confirme la capacité, en région, d’une grande mobilisation sur ce sujet. Si j’ai fait le choix de le montrer, c’est qu’il se distingue des autres films à « message » sur le sujet...`
Vous voulez dire des films plus militants ?
Oui. Là, on a un titre énigmatique, poétique, qui n’annonce pas son sujet, avec des qualités de mise en scène. Il propose une réflexion ouverte sur l’agriculture, sans craindre la complexité, et laisse beaucoup de place au spectateur.
Donc propice au débat...
Oui, il a duré plus de 80 minutes, aurait pu continuer longtemps. C’est un film stimulant.
Le cinéma n’est-il pas en train de se substituer au journalisme ?
Le cinéma, comme la littérature, est une forme d’art à partir du moment où une émotion et une pensée naissent d’une forme...
Le cinéma n’est-il donc pas fait pour distraire ?
C’est aussi une forme d’art qui nous invite à trouver notre place dans le monde d’aujourd’hui. C’est une invitation à nous déplacer en permanence à chaque regard.
Quels autres thèmes avez-vous en préparation ?
Je travaille à la fois sur l’histoire du cinéma, des films culte qu’on n’a plus l’occasion de voir en salle, ou sur un pays, ou une rétrospective d’auteur... Il y aura toujours l’idée de créer une passerelle entre le cinéma d’aujourd’hui et celui qui en fait l’histoire. C’est important de garder le cinéma patrimoine.
Qu’avez-vous au programme ?
Cet été, on va continuer l’été du cinéma français initié par Jacques Materne (N.D.L.R. : que Jean-Michel Cretin a remplacé en 2005). Ce sera une sélection de films de l’année, avec notamment treize projections en plein air dans les quartiers, pour les jeunes et les familles.
Et pour la rentrée ?
Le prochain cycle, en octobre et novembre, est en préparation.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 17.06.2010