daniel bordur - journaliste

10.016 aides PAC en Franche Comté

Pour la seconde année, les aides de la politique agricole européenne sont rendues publiques (10 mai 2010)


Bien qu’ayant son siège à Paris, Bel reste le premier bénéficiaire comtois de la PAC 2009. Il avait touché un million d’euros pour la période allant de la mi-octobre 2007 à la mi-octobre 2008, il a perçu cinq fois plus pour les douze mois suivants. Les entreprises agroalimentaires émargent au budget européen au titre de l’aide à l’investissement, la restructuration ou l’exportation.

Comme l’an dernier, ce ne sont pas directement des agriculteurs qui ont touché les plus grosses aides. Hormis Bel, la subvention la plus importante en Franche-Comté, près de 2,5 millions, est allée à la fromagerie UAC de Clerval (groupe coopératif L’Ermitage). Vient ensuite la communauté de communes Ain-Angillon (Champagnole) qui a perçu 792.000 euros. Suit la fruitière de Lavernay (groupe l’Ermitage) avec 654.000 euros.

La première aide à une exploitation agricole est allée au GAEC Vivieroche de La Rochelle (Haute-Saône, 249.000 euros), juste devant le GAEC Schouwey de Vaudrey (Jura, 247.000 euros) le GAEC Festilait de Denay (Territoire de Belfort, 238.000 euros). Le plus grosse aide du Doubs est encore pour un GAEC, le Numéro 1 de Tournant (188.000 euros).

Il n’est pas étonnant que les GAEC, qui regroupent plusieurs associés perçoivent davantage que les agriculteurs individuels, comme l’Earl Chalumeau et Cie (Villevieux, Jura) qui a touché 132.000 euros.

Cependant, peu d’exploitations touchent des aides de cette hauteur, la moyenne nationale se situant à 21.218 euros pour les aides spécifiquement agricoles, 6.084 pour les aides environnementales ou compensant une difficulté (montagne). Dans la région, sur 129 chèques de plus de 100.000 euros, seize chèques dépassent 200.000 euros. En revanche, sur un total de 10.016 structures subventionnées, on compte 1.130 aides de moins de 500 euros et 752 entre 50.000 et 100.000 euros.

2.936 structures, soit 29,3 %, ont reçu entre 20.000 et 50.000 euros. 2.045 structures (20,4 %) ont touché entre 10.000 et 20.000 euros. La part des aides supérieures à 100.000 euros est de 1,3 % sur la région, 2,2 % en Haute-Saône, 1,7 % dans le Territoire de Belfort, 1,4 % dans la Jura, 0,4 % dans le Doubs.

Parmi les structures aidées, on trouve des collectivités au titre de l’aide au développement rural, par exemples la ville de Besançon (9.375 euros) ou la commune de Montgesoye (35.300), le Conservatoire des espaces naturels (1.250, le conseil régional (29.757), le syndicat mixte de la Loue (35.178)... On trouve aussi les fromageries Badoz et Arnaud, des collèges sur des programmes lait. On en passe évidemment. Mais tous sont très loin de France-Luzerne (Marne) qui touche 18,3 millions, les Restos du cœur (19,9 millions au titre de l’aide aux plus démunis) ou les sucres Saint-Louis qui battent le record avec 143 millions.

• Toutes les aides sur le site du ministère de l’Agriculture.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 10.05.2010


3.845 aides PAC dans le Doubs

Ce ne sont pas des paysans qui ont touché les plus grosses aides PAC, la politique agricole commune que l’Europe a commencé à démanteler, contribuant aux catastrophes que l’on sait.

Dans le Doubs, les deux plus gros chèques sont allés à la fromagerie de Clerval de l’UAC (2,5 millions d’euros) et à la fromagerie de Lavernay (653.792 euros), toutes deux filiales du groupe coopératif vosgien l’Ermitage. C’est moins que Bel qui a touché près de 5 millions.

Sur 3.845 structures aidées dans le département, il y a des communes, des associations pastorales, des collèges, des propriétaires privés, etc. Sur 175 aides de plus de 50.000 euros, 17 dépassent 100.000 euros, la première ferme, un GAEC, ayant 188.000 euros. 1.403 aides sont inférieures à 10.000 euros dont 527 font moins de 1.000 euros.

Entre ces extrêmes, 1.179 sont entre 20.000 et 50.000 euros et 1.088 entre 10.000 et 20.000 euros, là où se trouvent la plupart des responsables syndicaux, toutes tendances confondues.

D. B. / L’Est Républicain - 02.05.2010


Une publication controversée

La publication des aides PAC, rendue obligatoire depuis l’an dernier après que la France a longtemps résisté, est diversement appréciée. Selon une consultation en ligne de l’hebdomadaire professionnel La France Agricole, 71,5 % des internautes ayant répondu désapprouvent la publication, 19,5 % la trouvent positive.

Une des raisons principales de la défiance vis-à-vis de la transparence est la mise en pâture de chiffres qui, en soi, ne signifient pas grand-chose. « Vous, les paysans, vous manifestez, mais touchez des aides, de quoi vous plaignez-vous ? », nous a indiqué entendre souvent un agriculteur haut-saônois.

En fait, sans les aides, de nombreuses exploitations ne pourraient pas vivre. Elles permettent notamment de compenser des distorsions de concurrence liées à un handicap ou une production. On leur a reproché de ne pas être plafonnées, ce qui donne parfois des sommes paraissant ahurissantes. La Confédération paysanne soulignait ainsi que 80 % des aides vont à 20 % des agriculteurs, favorisant également le productivisme. Une grande surprise de la première publication des aides, a été de découvrir que les principaux bénéficiaires n’en avaient pas besoin, comme le prince de Monaco ou la reine d’Angleterre.

L’an dernier, le ministre d’alors, Michel Barnier, avait modifié la répartition des aides, prenant en gros aux grandes cultures pour redistribuer (un peu) à l’élevage laitier sur pâturage, aux zones difficiles, notamment la montagne, ou à l’élevage ovin. On a pu réaliser à cette occasion que la majorité des céréaliers francs-comtois n’avaient pas grand-chose à voir avec leurs confrères de la Beauce, tant en productivité qu’en revenus.

D. B. / L’Est Républicain - 12.05.2010

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