La vente directe de produits régionaux satisfait les clients, selon une étude de la Chambre d’agriculture du Doubs réalisée en 2006. Pour développer le système, il faut des prix et des horaires, soutenir le maraîchage et la diversification.
Les circuits courts ont des objectifs simples : moins de transports donc moins de pollution, plus de fraîcheur, davantage de confiance pour le consommateur, parfois de meilleurs prix, à coup sûr une meilleure rémunération pour le producteur. Pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? Parce que les limites du système actuel n’éclatent que depuis peu au grand jour : la grande distribution a restructuré à son avantage l’agriculture en spécialisant les zones de production.
Réalisé en 2006 par la chambre d’agriculture du Doubs, un « diagnostic de l’offre et de la demande en produits régionaux fermiers » montre qu’on peut développer les circuits courts à Besançon (1).
L’étude conclut à la nécessité de « concilier offre et demande », producteurs et consommateurs n’ayant pas exactement les mêmes attentes. Elle suggère des actions pour installer des maraîchers ou diversifier les exploitations existantes en fruits et légumes, denrées localement déficitaires. Une grande partie des agriculteurs faisant de la vente directe de produits fermiers estiment en outre ne pas vendre assez en circuit court, faute « de temps, de main-d’œuvre ou de clients ». Hormis les fruits et légumes, on trouve de tout en provenance des fermes du secteur : viandes, fromages, volailles, charcuterie, farine, laitages...
Afin de doper les produits locaux, l’enquête préconisait un « système d’étiquetage permettant de différencier les produits fermiers de Franche-Comté ». Elle proposait un « emplacement dédié aux producteurs régionaux » au marché Beaux-Arts ou un « marché de producteurs en centre-ville » (c’est fait), un restaurant de produits fermier, des ateliers cuisine... Elle montre que les producteurs veulent « gagner du temps, rentabiliser leurs produits » avec des « paniers fermiers sur commande déposés dans un local en ville ».
Les consommateurs sont motivés par la rencontre et la discussion avec le producteur, « gage de confiance ». Cadres, enseignants et retraités sont surreprésentés dans la clientèle des circuits courts, ouvriers et étudiants sont plus rares. « Des prix plus élevés qu’en grande surface, des horaires d’ouverture pas toujours compatibles avec une activité, une sensibilisation moindre à ce type de commercialisation » sont avancés par le rapport qui souligne plus loin que les consommateurs des marchés trouvent « des fruits et légumes meilleurs et moins chers qu’au supermarché ».
Datant de trois ans, cette étude sera l’une des rares bases de données de la conférence régionale agricole, demain au Conseil régional.
(1) Dans le cadre d’une convention entre la ville et les chambres consulaires.
Daniel BORDUR
Paru dans L’Est Républicain le 09.03.2009